lundi, 22 octobre 2007

Libération: «Je ne suis pas en hibernation»

6ccfa3264df09ad48597b251228d8338.jpg658e9ccf77f37cb93e470c6c7f24db50.pngDans une interview à «Libération», l’ex-candidate se dit déterminée à mener la bataille de la rénovation du PS et à prendre la tête de l’opposition.
 
Recueilli à Rome par Eric Jozsef et David Revault d’Allonnes
 
 
 
 
 
Libération: Où en êtes-vous de votre réflexion? Serez-vous candidate au premier secrétariat?

Ségolène Royal: Je n'ai pas pris ma décision. Cela viendra le moment venu. A partir du moment où je ne quitte pas la politique, on ne peut pas faire de la politique sans parti. J'observe ce qui se passe, mais je ne veux pas me placer dans des logiques de conflits internes.

Cette indécision n'a-t-elle pas désorienté vos proches?

C'est vrai que c'est un peu déstabilisant pour mon entourage, qui se demande pourquoi je ne repars pas sabre au clair. Certains se sont inquiétés, ont demandé des consignes. Je leur explique que la politique est faite d'étapes. Et qu'il ne faut pas que je me laisse happer par le système. Le jour où je leur dirai: «On y va», nous irons vraiment.

Combien de temps durera votre réflexion?

Rassurez-vous, je ne suis pas en hibernation. Je travaille avec d'autres, j'accepte les invitations à l'international et je me bats pour ma région. C'est essentiel. Et je mettrai ce travail au service du collectif.

Comment allez-vous désormais participer à la vie du parti?

J'ai rassemblé 17 millions de voix, après avoir été désignée par 60% des adhérents du parti. J'ai des responsabilités à l'égard de tous et toutes. Je ne peux donc pas me laisser attirer dans je ne sais quel piège de tactique interne. Rassembler, expliquer, fédérer, voilà le seul rôle que je me donne. Et mettre au service de la gauche et des Français le potentiel de l'élection présidentielle.

La rentrée politique a été marquée par une profusion de livres très sévères à votre égard. Vous ont-ils affecté?

Oui. Ça laisse toujours des traces, on est toujours touché. D'ailleurs, c'est bien l'objectif. Mais c'est passé. L'important est que les gens se disent et me disent que je me suis bien battue.

Irez-vous au conseil national de samedi?

Je serai probablement en Argentine pour l'élection de Cristina Kirchner, puis au Chili. Sinon, j'y serais allée.

Vous venez de rencontrer Walter Veltroni. L'exemple de la primaire italienne est-il envisageable en France?

Tous les dirigeants italiens ont accepté l'émergence parmi eux d'un leader, avec trois millions et demi d'électeurs qui ont payé un euro pour participer. Au PS, les militants à 20 euros ont été parfois contestés. Mais la réflexion doit se poursuivre. Je sais que ce n'est pas facile, car nous héritons d'un système sécurisant pour les courants, avec ce que cela signifie de contrôle des fédérations et de positions verrouillées. Mais au PS, nous avons tous compris, certes à des degrés divers, que ce système devait changer. L'exemple italien doit nous faire réfléchir.

Comment faire évoluer le PS?

Il faut rendre la parole aux militants. Mais aussi faire voter des gens qui ne sont pas adhérents du parti, comme en Italie. La préoccupation de l'organisation ne doit pas être l'organisation elle-même.

Cela ne semble pas être la tendance actuelle au sein du PS…

Il existe toujours dans le parti cette ligne élitiste sur la crainte d'une transformation en «parti de supporters». Mais qu'est-ce que ça veut dire? Cette conception condescendante me choque. Pourquoi considérer les gens comme des écervelés, qui choisissent à la tête du client? Peut-être qu'ils adhèrent aussi à des idées…

La fusion à l'italienne entre socialistes et centristes vous inspire-t-elle?

Ce qui se passe en Italie montre bien que des recompositions sont nécessaires. L'alliance, contre la droite, entre un parti issu du parti communiste et un parti du centre, d'inspiration chrétienne, est très intéressante. Il y aura forcément, en France aussi, des recompositions entre centre et PS. Et ce ne sera pas en laissant de côté les militants venus de l'extrême gauche ou du PC.

Avez-vous poursuivi vos contacts avec François Bayrou?

Non. Je ne suis pas encore dans cette phase. Je la poursuivrai quand j'aurai achevé la précédente, celle de la réflexion et de la reconstruction. Mais nous sommes à un tournant. L'électorat a évolué, avec de nouvelles générations qui n'ont pas connu l'histoire du PS et du PC, et qui ont d'autres comportements électoraux. Et parmi les centristes, il y a des démocrates qui peuvent se reconnaître dans un projet politique qui ne sacrifierait pas pour autant l'identité de la gauche. On m'a critiquée pour ma démarche d'entre les deux tours, mais soyons réalistes: dans de nombreuses villes, aux municipales, cette convergence devra s'opérer.

Est-il réaliste d'envisager un tel rapprochement en France?

On doit se poser la question d'un rassemblement du camp de la gauche et de tous ceux qui ont une conception exigeante de la démocratie, destiné à passer la barre des 30% au premier tour d'une élection nationale et qui aurait vocation à être leader au niveau de la gauche européenne – laquelle, reconnaissons-le, tangue un peu. Depuis Tony Blair, même si certains aspects de son leadership étaient discutables, la gauche n'a plus de leader capable d'entraîner les mouvements progressistes en Europe.

Quelle est votre position sur le mini-traité?

A partir du moment où le peuple a refusé le précédent, il serait logique de le consulter à nouveau. Mais je crois que ce traité, même imparfait, peut remettre l'Europe en marche. J'aurais préféré un texte avec moins de dérogations. Mais mieux vaut un compromis que rien. L'intégration de la Charte européenne des droits fondamentaux est une avancée très importante. C'est pourquoi nous devons faire bloc avec les socialistes portugais, espagnols, allemands et les autres, et adopter ce texte le plus vite possible pour passer à l'étape suivante : la préparation du traité social. La question de la procédure d'adoption, référendaire ou parlementaire, n'est plus une question de principe. Nous n'avons pas de temps à perdre à nous diviser.

Pourquoi vous êtes-vous montrée si discrète, ces derniers temps, sur la politique gouvernementale?

Ce n'est pas exact. Mais je n'ai pas l'intention de commenter le moindre fait et geste du Président. Il faudrait pour cela passer toute la journée devant la télévision, ou presque ! A ce propos, le CSA, qui refuse de comptabiliser le temps de parole de Nicolas Sarkozy, manifeste une piètre conception de la démocratie. Mais rassurez-vous, l'opposition est bien là.

Comment définissez-vous aujourd'hui votre rôle d'opposante?

Je dois utiliser ma voix avec circonspection, quand je la sens utile au débat démocratique. Mais cela ne sert à rien de mener une opposition frontale, à tout propos.

Quel regard portez-vous sur la pratique sarkozyste du pouvoir?

Ce qui me frappe, c'est le contraste entre le discours, le changement de style et, au fond, un grand archaïsme dans la façon de procéder. Le pouvoir actuel est très proche des puissances d'argent, du Medef. On ne parle ni d'éducation, ni d'innovation, ni de PME, ni de modernisation économique. Sur les mesures fiscales, on a un pays endetté qui se prive de marges de manœuvres au profit des plus privilégiés, suivant en cela les réflexes les plus éculés de la droite traditionaliste et rentière.

Que dit selon vous le mouvement social de la semaine dernière?

Nicolas Sarkozy, pendant la campagne, avait expliqué que tout était prêt… Or, on est dans l'improvisation totale. On aurait pu penser qu'on allait échapper à l'affrontement social, à la grève des transports. Mais à l'arrivée, on a un pouvoir qui ressemble piteusement à tout ce qu'il y a de plus archaïque. Les oppositions sociales se cristallisent, même si elles sont partiellement occultées par une opération d'ouverture médiatiquement réussie. Mais conduire un pays moderne à la grève est la marque d'un pays mal gouverné.

Quel regard portez-vous sur le divorce de Cécilia et Nicolas Sarkozy?

Les grands événements de ces derniers jours, c'est malheureusement la journée de la misère et les mouvements d'inquiétude justifiée sur le front social.

18:44 Ecrit par Desirs d'avenir 69 dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, Libération, 2012, PS, Sarkozy, Segolene, Nicolas Sarkozy

vendredi, 19 octobre 2007

Le choc de méfiance

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Tribune de Ségolène Royal publiée dans Les Echos | Edition du 19/10/07

 

Nicolas Sarkozy nous disait que tout était prêt pour provoquer, dès l'élection, le choc de croissance, le choc de confiance. Il raillait la nécessité du dialogue social pour réformer. Il se gaussait du constat sur la dette publique. Il se moquait des propositions de création d'un « small business act » et d'une sécurité sociale professionnelle.

Six mois plus tard, le choc promis est celui de la méfiance. Pourquoi Archaïsme, arrogance, affrontement constituent les poisons par lesquels le pouvoir en place est en train de miner les chances de redressement de la France.

Archaïsme. A cause d'une méthode de gouvernance déplorable, la France a connu hier une journée de grève, des transports bloqués, et je dis qu'un pays moderne, confronté à la compétition mondiale ne peut pas se permettre ce type de situation. Arrogance. Une conférence nationale sur la croissance, le pouvoir d'achat et les retraites aurait du être convoquée dès la rentrée pour prendre à bras le corps, et sérieusement, tous les défis qui se posent à nous. Arrogance des cadeaux fiscaux aux privilégiés alors que la grande pauvreté s'accélère, que quatre millions de salariés sont payés en dessous du SMIC (au 1er juillet 2007, après la revalorisation du salaire minimum, plus de 60% des branches sont repassées sous la barre du SMIC pour le premier niveau de la grille salariale), tandis que se profile la réduction de l'accès aux soins. Les enquêtes récentes montrent une inquiétante aggravation des conditions de travail des salariés et une augmentation des journées perdues pour maladies professionnelles.

Affrontement. Ce choix de méthode dépassée et nuisible ne peut conduire qu'aux blocages des réformes structurelles indispensables. C'est un pacte social clair, responsable, efficace dans lequel l'Etat, par son comportement moral, est le garant d'un objectif gagnant- gagnant qui pourrait permettre de mobiliser pleinement les énergies. Le pouvoir est en train de gâcher les bonnes dispositions de nos leaders syndicaux qui sont prêts, pour beaucoup d'entre eux, à accompagner les besoins d'agilité des entreprises. Mais en focalisant la réforme sur les seuls régimes spéciaux, tandis que les scandales politico-financiers révèlent des connivences douteuses et des enrichissements scandaleux des amis du pouvoir, alors que, sans vergogne, est promise au MEDEF la dépénalisation du droit des

Affaires, comment les salariés peuvent-ils avoir confiance. Je suis convaincue qu'il faut changer de toute urgence la façon de concevoir la création de valeurs et de richesses. Je suis convaincue qu'un développement durable repose aujourd'hui sur les trois piliers que sont l'économique, le social et l'environnemental et que la défaillance d'un seul peut faire crouler le tout. Nous sommes la cinquième puissance économique mondiale, mais nous devons ce rang au travail des Français qui conquièrent des marchés, qui innovent, qui prennent des risques et travaillent dur. Et je suis convaincue que nous ne tiendrons durablement ce rang que si accélérons notre capacité à mobiliser les compétences, à motiver et à former les salariés et à investir dans les PME pour leur permettre de franchir les seuils de performance. L'assainissement de nos finances publiques est une nécessité. Elle suppose une méthode raisonnée, consistant avant toute chose à conforter les marges de manœuvre destinées au financement des dépenses réellement prioritaires. La priorité budgétaire doit donc être consacrée, d'une part au désendettement de la France et d'autre part à la préparation de l'avenir par le soutien aux petites et moyennes entreprises en termes de recherche, de formation, d'investissement, et d'exportation. C'est là que se trouve la source d'une nouvelle croissance, économiquement performante, écologiquement responsable et socialement efficace. Des économies doivent être recherchées à travers la modernisation de l'Etat, une décentralisation efficace et la réforme de notre protection sociale. Mais ces réformes ne peuvent se faire que dans la recherche obstinée d'un consensus national obtenu par le dialogue. Cette nouvelle façon de faire doit se traduire en tout premier lieu dans la gestion des finances publiques. Or, le projet de budget pour 2008 accentue le choc de méfiance. Il révèle en effet l'incapacité du gouvernement à maîtriser le déficit de l'Etat, puisque celui-ci devrait augmenter de 3,3 milliards d'euros par rapport à 2007, pour atteindre 41,7 milliards d'euros en 2008. De son côté, l'état des finances sociales n'est guère plus reluisant, avec un déficit du régime général de la Sécurité Sociale évalué pour 2008 à 9 milliards d'euros et qui atteindra probablement plus de 12 milliards d'euros.

La position de la France au sein de l'Union européenne s'est dégradée : elle fait aujourd'hui partie des cinq pays européens les plus endettés, alors qu'il y a dix ans elle était le 2ème pays le moins endetté. Surtout, en s'endettant toujours davantage pour couvrir ses déficits, notre pays est à contre-courant de la majorité de ses partenaires européens qui, eux, se désendettent. Ces mauvais résultats ont été obtenus alors même que l'Etat n'a pas hésité à céder des actifs publics considérables : 15 milliards d'euros tirés de la privatisation des sociétés concessionnaires d'autoroutes fin 2005 ont servi en 2006 et 2007 à éponger une partie des déficits, l'Etat perdant au passage les recettes que les sociétés devaient verser au budget.

La France est ainsi plus que jamais vulnérable à la hausse des taux d'intérêt : la seule charge de la dette de l'Etat devrait ainsi augmenter de 1,6 milliards d'euros en 2008 par rapport à 2007.

La situation est d'autant plus inquiétante que les perspectives économiques et financières sont peu encourageantes. Avec des déficits extérieurs record depuis trois ans, révélateurs de la perte de compétitivité de notre économie, la France cumule désormais les handicaps : les déficits commerciaux pèsent sur la croissance, et l'atonie de la croissance pèse sur les comptes publics.

Il faut donc un sursaut. Il faut d'autres façons de penser et d'agir car, pendant ce temps, la mondialisation n'attend pas. Les investissements dans les pays émergents s'accélèrent, les multinationales les ayant augmenté, souligne la CNUCED, de 38% (+ 1,3 milliards de dollars) en 2006, mais surtout les groupes basés dans les pays en développement, comme Embraer au Brésil, Mittal en Inde ou Petronas en Malaisie, sont aujourd'hui de redoutables concurrents dans les secteurs de pointe.

Le défi à relever est donc considérable mais il est à notre portée. Il doit s'appuyer sur nos forces, notre matière grise et sur les capacités de l'Europe. Il faut cesser de jouer « petit bras » et « petite politique ».

Et surtout, Nicolas Sarkozy doit cesser de garder le pire de la continuité (la dette et l'affairisme) et de choisir le pire de la rupture (l'affrontement et les injustices), pour agir de manière moderne et efficace afin que la France saisisse, de énergiquement, toutes ses chances. C'est une société de confiance qui permet le choc de croissance.

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14:59 Ecrit par Desirs d'avenir 69 dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, Les echos, 2012, PS, Delanoë, candidate

lundi, 15 octobre 2007

71% des électeurs de gauche pour une candidature Royal en 2012

feac000dfa9598bc0a4d1ba54deea0a1.jpgPARIS (AFP) — Au total 71% des électeurs de gauche contre 27% souhaitent que Ségolène Royal soit candidate à l'élection présidentielle de 2012, un souhait beaucoup moins partagé par l'ensemble des Français (46% pour, 48% contre), selon un sondage CSA pour Marianne rendu public vendredi.

Ceux qui ont voté pour elle au premier tour de la présidentielle sont 68% à penser que ses chances d'être élue sont grandes, 31% les jugeant faibles. Dans l'ensemble de l'électorat, seules 40% des personnes interrogées jugent que ses chances de succès seraient grandes, contre 55% qui les voient faibles.

Si le second tour de l'élection présidentielle se rejouait dimanche prochain, 56% des Français indiquent qu'ils voteraient Nicolas Sarkozy et 44% Ségolène Royal.

Et 65% considèrent que la politique économique et sociale de la France ne serait ni meilleure ni moins bonne si elle avait été élue le 6 mai, 17% affirmant qu'elle serait moins bonne et 13% meilleure.

Pour 69% des personnes interrogées, c'est le PS qui porte la reponsabilité de l'échec à l'élection présidentielle, un pourcentage qui monte à 81% dans l'électorat de Mme Royal au second tour.

Pour diriger ce parti, c'est le maire de Paris Bertrand Delanoë qui apparaît comme le candidat favori des Français, 28% le citant en premier, devant Ségolène Royal (18%) et Laurent Fabius (14%).

M. Delanoë est aussi le favori des électeurs de Mme Royal au premier tour de la présidentielle: 48% contre 47% à l'ancienne candidate socialiste.

Sondage réalisé par téléphone le 10 octobre auprès d'un échantillon national représentatif de 1.003 personnes âgées de 18 ans et plus (méthode des quotas). Notice détaillée disponible à la Commission des sondages.

17:22 Ecrit par Desirs d'avenir 69 dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : 2012, Ségolène Royal, Delanoe, Sarkozy, Segolene

vendredi, 12 octobre 2007

Ségolène Royal invite Fadela Amara à "quitter ce gouvernement"

1ce4bb1aead971a0286fe1a945c4cf7e.jpgInterrogée sur RTL, l'ex-candidate socialiste à l'élection présidentielle a approuvé "sur le fond" le commentaire de la secrétaire d'Etat à la Politique de la ville, qui a jugé, à propos des tests ADN, "dégueulasse" d'"instrumentaliser" l'immigration.

Toutefois, Ségolène Royal s'est montrée plus réservée sur le vocabulaire de Fadela Amara. "Un ministre de la République doit veiller à s'exprimer de façon respectueuse et en bon français", a-t-elle dit.

Plaidant pour "la cohérence", Ségolène Royal a estimé que Fadela Amara devait "en tirer les conséquences et quitter ce gouvernement"...
 

06:25 Ecrit par Desirs d'avenir 69 dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ségolène royal, Sarkozy, Fadela Amara, Fillon, 2012, Delanoe, Segolene

jeudi, 11 octobre 2007

Ségolène Royal dans Charlie Hebdo: "La famille ce n’est pas seulement la filiation biologique ..."

Interview Charlie Hebdo

Pourquoi ce projet de loi vous paraît-il inacceptable ?

Parce que la famille ce n’est pas seulement la filiation biologique, c’est la reconnaissance de la filiation. En tant qu’ancienne Ministre de la Famille ayant renforcé l’autorité parentale et fait voter par le Parlement une loi qui, entre autres dispositions, achevait de reconnaître l’égalité de tous les enfants, qu’ils soient « légitimes » ou « naturels », je suis inquiète à l’idée que la France puisse régresser vers une conception de la filiation où le biologique efface le lien institué et vécu. La présidente de l’association Enfance et Familles d’adoption a très bien dit quelle rupture représenterait « la filiation réduite aux gamettes ». Le Comité national consultatif d’éthique, que le gouvernement avait oublié de consulter, vient lui aussi de rappeler que l’exclusivité accordée à la filiation biologique est contraire à nos valeurs et à nos lois.

Le débat sur l’utilisation des tests génétiques a eu lieu lors de l’élaboration et de l’actualisation des lois bio-éthiques. Le Parlement, toutes étiquettes politiques confondues, avait alors décidé d’encadrer strictement les tests génétiques et de ne les autoriser que pour des raisons médicales ou sous le contrôle du juge. Et voilà que le gouvernement Sarkozy et sa majorité parlementaire sont prêts à légaliser ce qu’il faut bien appeler un fichage génétique !

Je sais que, sur ce sujet, l’opinion française est partagée. Mais il faut bien comprendre combien il serait dangereux de créer un tel précédent. Car qui nous dit que demain, toujours sous le prétexte d’éradiquer la fraude, on ne sera pas tenté d’utiliser ces tests pour, par exemple, le versement des allocations familiales ? Les chercheurs en génétique estiment que 5% à 10% des filiations réputées biologiques sont en réalité adultérines. Méfions-nous de l’accoutumance aux contrôles génétiques par l’Etat… On fait croire aux Français que nous serions submergés par une fraude massive à l’état-civil du fait des défaillances administratives des pays d’Afrique de l’Ouest. Quelle est la réalité ? Le regroupement familial, c’est 23.000 personnes par an dont 9.000 enfants et, parmi eux, moins d’un millier issu de l’Afrique subsaharienne. J’observe d’ailleurs au passage que c’est sous les derniers gouvernements de droite que l’immigration de travail a baissé et l’immigration familiale augmenté. M. Sarkozy s’est fait une spécialité de la multiplication des lois d’affichage sur l’immigration et la dernière en date en rajoute encore sans que les moyens ne soient pris d’une coopération en matière d’état-civil et surtout d’une profonde réforme de l’aide au développement qui, seule, pourrait tarir les migrations de la misère. On sait que, d’ici la fin du quiquennat, il y aura au moins deux lois par an sur ces sujets pour « entretenir la flamme ».

On fait croire aux Français que les démocraties européennes voisines recourrent couramment à ces tests. C’est faux. Dans la plupart des exemples cités, leur utilisation est exceptionnelle et très encadrée. Cette injonction d’alignement est fallacieuse. Le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe l’a dit sans ambiguité : si la France adopte cette mesure, elle violera l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’enfant qu’elle a ratifiée en 1990. Ce n’est pas l’idée que je me fais du « retour de la France en Europe » dont s’enorgueillit le Président de la République !

Enfin, comment ne pas humer ici un vilain parfum de récidive ? Un rapport de M. Benisti, député UMP, préconisait il n’y a pas si longtemps de traquer chez les enfants de moins de trois ans, en priorité dans les familles immigrées, le quasi-gène de délinquances à venir. Durant la campagne électorale, l’actuel Président de la République nous a confié son intime conviction que la pédophilie, elle aussi, avait une origine génétique. Et voilà que la parentalité, à son tour, est tirée du côté du gène. Cela fait beaucoup. On nous dit qu’il faut pouvoir tout aborder sans tabou. Pourquoi pas ? Mais alors, allons au fond des choses : l’inquiétante propension du Chef de l’Etat, de son gouvernement et de sa majorité à naturaliser les problèmes politiques et sociaux, cette manière d’en pincer à répétition pour le déterminisme biologique, c’est la pire façon d’y répondre car, pour prix de la trahison de nos principes fondamentaux, nous récolterons non seulement l’injustice mais aussi la violence.

Pourquoi, malgré les amendements votés au Sénat, maintenir votre veto ?

Parce que l’édulcoration de l’amendement de M. Mariani ne change rien à l’atteinte portée au droit de la filiation. Devant la levée de boucliers suscitée jusque dans les rangs de la majorité – je pense notamment à MM. Pinte et Goulard qui ont eu des mots justes pour ne pas accepter l’inacceptable -, devant la gêne de plusieurs Ministres, qu’ils soient « d’ouverture » ou non, devant le vote négatif de la commission des lois du Sénat, devant la protestation des Eglises, des associations, des syndicats, des scientifiques, alors que les pétitions de Charlie et de Sauvons la Recherche dépassent les 100.000 signataires, le gouvernement, sans doute pas mécontent, dans un premier temps, de donner des gages à l’extrême-droite à quelques mois des municipales, s’est retrouvé quelque peu embarrassé par le tollé.

J’entends qu’on va d’abord expérimenter, que la vérification biologique se bornera à la mère, que l’Etat paiera finalement le test : cela ne change rien à l’affaire. Je le redis avec force : ce n’est pas à l’Etat de s’immiscer de la sorte dans l’intimité des familles.

Si la commission mixte paritaire ne fait pas disparaître le fameux amendement ADN et si le Conseil constitutionnel ne censure pas le texte, que faire ?

Continuer à expliquer aux Français que, pour eux aussi, ce texte est une menace.

20:25 Ecrit par Desirs d'avenir 69 dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ADN, amendement, projet de loi, Ségolène Royal, 2012, Sarkozy, Fillon

vendredi, 05 octobre 2007

EADS: Ségolène Royal s'étonne du silence de Nicolas Sarkozy

L'ex-candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal, s'est étonnée vendredi à La Rochelle que le président de la République Nicolas Sarkozy "ne se soit pas encore manifesté" dans l'affaire de possibles délits d'initiés au sein du groupe européen EADS.
"Je m'étonne que Nicolas Sarkozy, qui est d'habitude très rapide pour intervenir sur les faits divers, ne se soit pas encore manifesté sur cette question qui choque profondément les Français", a déclaré la présidente de la région Poitou-Charentes au cours d'une visite à La Rochelle, avant de se rendre à Rochefort (Charente-Maritime) où elle a précisé qu'elle visiterait le site d'EADS-Sogerma.
Le président Nicolas Sarkozy, alors ministre, n'a pas eu connaissance des difficultés de l'Airbus A380, a déclaré vendredi le porte-parole de l'Elysée.
"Il faut que la transparence soit faite et je crois qu'au-delà des décisions de justice, il faut qu'il y ait par rapport à ce comportement totalement immoral du capitalisme financier un engagement très rapide de rembourser et que les sommes soient versées à une caisse de solidarité des ouvriers et des ouvrières d'EADS", a-t-elle ajouté.
Affirmant qu'elle partageait la "saine colère des ouvriers", elle a souhaité que "le président de la République, qui est très proche des dirigeants d'EADS", soit "à la source de l'information".
Selon l'Autorité des marchés financiers (AMF, le gendarme de la Bourse), 21 responsables d'EADS ont vendu fin 2005-début 2006 de gros paquets d'actions peu avant l'annonce de retards de livraison de l'avion géant A380, qui ont plongé Airbus dans une crise profonde et fait chuter les cours.
De nombreux dirigeants du groupe européen EADS, dont Arnaud Lagardère, ami personnel de Nicolas Sarkozy, sont cités dans cette affaire de délit d'initiés.

17:25 Ecrit par Desirs d'avenir 69 dans Actualités du comité , Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène, Segolene Royal

mercredi, 22 août 2007

La nouvelle Ségolène Royal

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Par Virginie LE GUAY

 

Délivrée de toute amertume, l'ex-candidate à l'élection présidentielle va se battre pour rénover le Parti socialiste. Pour le JDD, Ségolène Royal évoque sa famille, ses vacances, fait son autocritique sur la présidentielle et parle de ses projets pour le PS. "Le temps n'est plus aux règlements de comptes. Ressasser, c'est de l'énergie perdue", dit-elle. Confidences...

C'est une Ségolène Royal "requinquée", "ressourcée", "apaisée" qui fera sa rentrée politique samedi prochain à Melle dans les Deux-Sèvres, endroit "tranquille et symbolique" où elle se sent protégée. Comme chez elle. L'ex-candidate du PS à l'élection présidentielle a volontairement peu donné de ses nouvelles pendant l'été. Elle a profité de cette coupure indispensable pour se remettre physiquement et psychologiquement de la dureté de la campagne, de l'épreuve du résultat du second tour, et de ce qu'elle qualifie pudiquement de "reconstructions personnelles".

Expression qu'elle utilise pour évoquer, sans la nommer, sa séparation, intervenue avant l'été, d'avec François Hollande, le père de ses quatre enfants, avec lesquels elle a tenu à passer toutes ses vacances. Comme soudée à ses petits devenus grands (la dernière, Flora, est largement adolescente), elle coule, en ce moment, ses derniers jours de vacances dans la maison familiale de Mougins où elle prend plaisir à cuisiner, recevoir des amis à déjeuner et profiter sans retenue de ces heures d'intimité.

Des "reconstructions" qui, confie-t-elle, lors des rares occasions où elle accepte d'abandonner le masque du sourire et de la maîtrise de soi, lui ont permis, à elle comme à ses enfants, de crever un abcès formé depuis de trop longs mois et de repartir sur des bases claires. "Nous avons beaucoup parlé entre nous. L'équilibre familial s'est réorganisé autrement, et s'est peut-être même renforcé." La trêve estivale l'a "définitivement délivrée de l'amertume". Elle admet avoir souvent pensé à cette phrase de Nietzsche: "Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts."

"Le temps n'est plus aux règlements de compte"

Beaucoup plus prolixe en revanche sur sa vie publique, la présidente de la région Poitou-Charentes a choisi avec soin la date du 25 août pour sa première intervention publique, qui se fera à l'issue d'un pique-nique informel, une semaine exactement avant les universités d'été de La Rochelle. Elle sait qu'elle y est très attendue. En décidant de parler avant le traditionnel rendez-vous de La Rochelle devenu l'an dernier, par sa seule présence, un véritable "barnum", elle sait que l'attention ne se focalisera pas, cette fois, sur sa seule personne. La présidente de région interviendra à ces universités, en tant que puissance invitante, dès l'ouverture des travaux, le vendredi 31 août, entourée des cinq nouveaux députés socialistes de Poitou-Charentes. Elle a prévenu ses proches qu'ensuite elle se ferait discrète.

Des proches qu'elle n'a cessé de consulter, le plus souvent au téléphone, tout au long de l'été. Jean-Louis Bianco, Julien Dray, Sophie Bouchet-Petersen, François Rebsamen bien sûr, mais aussi Gaëtan Gorce ou Aurélie Filippetti. Débarrassée, délivrée même de la campagne présidentielle, un carcan qu'elle avoue ne pas avoir toujours bien « maîtrisé », faute de recul et d'expérience, Ségolène Royal a l'intention, désormais, de maîtriser son calendrier. "Entre la campagne interne du PS et la vraie campagne, j'ai été sur la brèche pendant presque un an, comme à marche forcée. J'ai dû gérer, parfois à la hâte, les déséquilibres. Il y a eu des dysfonctionnements et des erreurs sur lesquels j'ai pu réfléchir. C'était une expérience à la fois merveilleuse, exaltante, et épuisante. Aujourd'hui, j'ai le temps, je choisis, je contrôle."

Si elle se rendra à l'étranger où elle est beaucoup demandée, ses voyages seront comptés: à ce jour, un déplacement est prévu, le 9 septembre, en Italie, à l'occasion de la fête du quotidien de gauche, L'Unità ; un autre suivra au Québec au milieu du mois ; peut-être un troisième encore aux Etats-Unis, en octobre. Totalement prête à "réinvestir" pleinement le champ politique, Ségolène Royal n'est, pour autant, pas pressée. Persuadée que rien ne peut se faire ni sans elle ni contre elle, elle compte jouer un rôle "important" dans le processus de rénovation du PS qu'elle imagine "forcément long". Elle acceptera, prévient-elle, toutes les responsabilités qui lui seront confiées par ceux qu'elle nomme toujours ses "camarades". Son entourage est prévenu: "Le temps n'est plus aux règlements de comptes. Les comportements passés appartiennent au passé. Ressasser, c'est de l'énergie perdue."

"Une ligne moderniste, éclairée et rassembleuse"

L'ouvrage, à paraître cet automne aux éditions Grasset (dont le titre - encore provisoire - pourrait être Une étrange défaite), ne sera surtout pas un livre revanchard ou amer. Bien au contraire. Mais une réflexion qu'elle espère "honnête" sur les points forts et les points faibles de sa campagne. "J'ai attendu pour faire mon autocritique, mais je la fais. Pour mieux rebondir, pour redémarrer." Parce qu'elle a le sentiment d'avoir vécu une aventure exceptionnelle avec les Français, une aventure qui lui a apporté de la densité, de la maturité et le cadeau si précieux qu'a été "leur espoir et leur confiance", l'ex-candidate à l'élection présidentielle regarde le futur congrès du PS, dans un an, avec détachement.

Se projette-t-elle comme future patronne du PS ? La question lui semble absurde. "Je ne suis pas du tout dans ces stratégies." Même chose pour les courants. Créera-t-elle le sien ? Elle n'en a aucune idée et, pour l'instant, aucune envie. "J'ai été candidate au nom de tous les socialistes. Pourquoi devrais-je m'enfermer dans un courant?", a-t-elle laissé échapper, récemment, devant un de ses interlocuteurs. Le mot courant lui semble presque obsolète. Tout juste pense-t-elle que les militants de Désirs d'avenir devraient "naturellement" adhérer au PS. Le site internet de l'association sera réactivé afin de garder un contact permanent avec les Français.

D'ici au congrès socialiste - un horizon encore "lointain" pour elle -, elle compte, en tout cas, travailler dur. Entourée de sa petite équipe d'experts économiques et internationaux: Pierre Moscovici, le banquier Matthieu Pigasse, l'économiste Thomas Piketty, Bruno Rebelle pour les questions écologiques auxquelles elle s'intéresse tout particulièrement. Sur tous ces sujets, elle s'emploiera à proposer des idées neuves. En phase avec l'évolution de la société, des idées qui constitueront progressivement un corpus idéologique, une ligne politique "moderniste, éclairée et rassembleuse". Pas question que se reproduise le flottement idéologique qui a prévalu pendant la campagne sur des questions aussi importantes que les 35 heures, le temps de travail, la sécurité, ou le besoin de protection des citoyens.

Convaincue que les nouveaux adhérents du PS gagnés en 2007 attendent autre chose que des vieux sujets mille fois ressassés, Ségolène Royal ne regrette pas le départ de ceux qui n'ont pas résisté aux sirènes de l'ouverture sarkozyste. "Au contraire, cela crée un appel d'air." Un appel d'air qu'elle a bien l'intention d'utiliser à son profit. Foi de Ségolène. "Lorsque j'étais à la Guadeloupe, tous ceux que je croisais m'appelaient 'la femme debout'. Comme au temps de la campagne. Rien ne m'a fait plus plaisir. Rien ne correspond plus à la réalité qui est la mienne aujourd'hui."

23:09 Ecrit par Desirs d'avenir 69 dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ségolène, royal, segolene, JDD, interview, désirs, avenir

samedi, 21 juillet 2007

Ségolène Royal : "Même s'il y a eu défaite, il ne faut pas renoncer"

LEMONDE.FR avec AFP | 16.07.07 |

Les proches de Ségolène Royal se sont retrouvés à l'Assemblée nationale, lundi 16 juillet, pour un séminaire de travail sur l'analyse de la campagne, un peu plus de deux mois après la défaite socialiste à la présidentielle. L'ex-candidate a appelé les socialistes à se remettre "tous au travail" en examinant "avec beaucoup de clairvoyance tous les éléments refondateurs qui se sont levés et sur lesquels il faut continuer à travailler" durant la récente campagne présidentielle.
"J'ai beaucoup appris pendant la campagne. J'ai compris aussi mes forces et mes faiblesses. Nous ne devons pas abandonner les raisons pour lesquelles tant de gens nous ont rejoints", a poursuivi la présidente de la région Poitou-Charentes. Selon elle, "même s'il y a eu défaite, il ne faut pas renoncer à tout ce qui a fait lever ce formidable élan pendant la campagne".


"MON ACTION SE SITUE À L'INTÉRIEUR DU PS"

Avant cette première réunion, une trentaine de personnes, dont ses co-directeurs de campagne François Rebsamen et Jean-Louis Bianco, s'étaient réunis à huis clos autour de l'ex-candidate du PS au Palais-Bourbon.

Selon Jean-Louis Bianco, le but de l'équipe Royal est de faire "une analyse de ce qui a été fait, et pas bien fait", mais aussi une "analyse idéologique depuis 2002". Il a également annoncé une synthèse de ce travail "le moment venu". Cette dernière sera alors soumise "au débat collectif du Parti socialiste, dans les prochaines semaines et à la Rochelle", dans le cadre de l'université d'été du PS, fin août."Notre travail doit permettre au PS de se rénover", a enfin analysé François Rebsamen.

Pour Mme Royal "c'est en prenant le temps de faire ce débat que le PS pourrait tirer au mieux les conséquences positives de cette campagne sans en perdre les atouts, en ayant une idée bien précise de ce qu'il faut impérativement améliorer pour que le PS devient attractif". "Je vais continuer à tirer ce bilan. Je le ferai à Melle le 25 août pour ma rentrée politique, à la Fête de la Rose. J'irai ensuite à la Rochelle [université d'été du PS], car mon action se situe à l'intérieur du Parti socialiste", a-t-elle déclaré.

20:15 Ecrit par Desirs d'avenir 69 dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ségolène, segolene, royal, désirs, desirs, avenir, 69

lundi, 16 juillet 2007

"L''intellectuel de gauche va disparaître, tant mieux"

2dad86cb398b70da598863ab6e8fcf9d.gifInterview d'Alain Badiou, Philosophe et Professeur émérite à l'Ecole normale supérieure
Propos recueillis par Nicolas Weill -Article paru dans l'édition du 15.07.07 
 
Comment interprétez-vous les changements politiques et électoraux récents ?

Comme la véritable fin de la forme française de l'après-guerre : un système droite-gauche qui avait en partage un bilan très particulier de la guerre, du pétainisme et de la Résistance. Le système gaullo-communiste. Chirac était le Brejnev du gaullisme, c'est-à-dire celui qui conserve un système délabré, et dont l'idée prudente est qu'il vaut mieux ne rien faire. L'élection de Nicolas Sarkozy et le fait que des gens présumés de gauche entrent dans son gouvernement sonnent le glas de cet après-guerre. En attendant, quelle est cette nouvelle droite qui, n'étant plus gaulliste, est capable de siphonner les voix de l'extrême droite ? Disons les évidences : capitalisme décomplexé et réhabilitation à la fois factice et agressive du signifiant national.

 


Hormis les antiques maximes de la réaction "C'est très bien d'être riche" et "Que les pauvres travaillent plus et nous obéissent", le contenu positif du sarkozysme est incertain. Son contenu négatif est bien connu : persécution des étrangers, surtout s'ils sont ouvriers et/ou pauvres ; ministère spécial pour "s'occuper" des affaires de ces gens-là ; mise au pas répressive de la jeunesse populaire. La vraie campagne de M. Sarkozy n'a pas été l'élection présidentielle mais son action en tant que ministre de l'intérieur. Sa loi sur les étrangers, aussi scélérate que peu connue du public, et les rodomontades policières ont fait entrer de façon ouverte le lepénisme dans l'Etat et enterré l'"exception française". D'où la déconfiture totale de la gauche et de l'extrême gauche, cramponnées au consensus d'après-guerre.

Quelles conséquences ces changements politiques peuvent-ils avoir sur la vie intellectuelle ?

Le ralliement à M. Sarkozy symbolise la possibilité pour des intellectuels et des philosophes d'être désormais des réactionnaires classiques "sans hésitation ni murmure", comme dit le règlement militaire. Sont compris dans ce ralliement la fréquentation corrompue des riches et des puissants, la xénophobie antipopulaire et l'adoration de la politique américaine. Autrefois, quand un intellectuel était de droite, il avait des complexes. Même Raymond Aron en avait ! La séquence de l'après-guerre avait constitué le personnage bien typé de l'intellectuel de gauche. Nous allons assister - ce à quoi j'aspire - à la mort de l'intellectuel de gauche, qui va sombrer en même temps que la gauche tout entière, avant de renaître de ses cendres comme le phénix ! Cette renaissance ne peut se faire que selon le partage : ou radicalisme politique de type nouveau, ou ralliement réactionnaire. Pas de milieu.

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11:05 Ecrit par Desirs d'avenir 69 dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Le Monde, Badiou, gauche, intellectuels, droite, sarkozy, PS

L’ex-candidate réunit ses «amis» aujourd’hui pour une analyse de sa campagne.

9568b269eee1aa3ad874f73e00bc0b3f.pngPar DAVID REVAULT D’ALLONNES

Petit débriefing entre amis. «Que des amis», précise-t-on dans l’entourage de Ségolène Royal, qui organise, ce lundi, la première réunion consacrée à l’analyse de sa campagne présidentielle. Et, bien sûr, à la suite des opérations politiques. Quelque 120 personnes ont été conviées dans la salle du groupe socialiste à l’Assemblée nationale : fidèles de l’équipe du «2-8-2», l’ex-QG de campagne, le matin, auxquels s’ajouteront élus et quelques «observateurs extérieurs», l’après-midi. Par rapport au grand raout initialement envisagé par Ségolène Royal, les ambitions ont été revues à la baisse. «C’est une séance de travail, mais pas le séminaire qu’elle avait prévu au départ, explique un collaborateur. C’est une étape nécessaire.» Laquelle s’imposait au vu de la discrétion à laquelle s’est astreint Royal ces derniers temps. Mais, aussi, pour préparer des lendemains politiques qui chantent. «C’est un petit bilan-perspectives entre nous, élus et collaborateu rs qui ont participé à l’aventure , dit une proche. Et qui participent à la suite.» Deux rapports introductifs d’analyse du scrutin devraient être présentés à cette occasion.

Facettes.  Ségolène Royal prononcera-t-elle enfin le mot de défaite, qu’elle a jusqu’ici rechigné à employer? Dimanche dernier, sur TF1, elle expliquait n’avoir pas procédé jusqu’ici à son autocritique pour raisons tactiques, «du fait que les déclarations des autres ont été très violentes, presque indécentes même». Et indiquait qu’elle se livrerait «dans toutes ses dimensions, toutes ses facettes» à l’exercice «à la rentrée».
Reste qu’au fil des jours, les langues de ses proches se sont singulièrement déliées quant à sa responsabilité dans l’échec. Un inconditionnel pointe un commandement de campagne «hésitant, bordélique par moments. C’était un pas vers le parti, puis un pas en arrière». D’autres membres importants de l’équipe se montrent plus durs : «Avec elle, on ne parlait jamais politique. Elle ne voulait pas discuter de ses décisions. Et nous, on courait derrière. Par rapport à ce que doit être une campagne de professionnels, on en a bavé.» Et de pointer son «absence de capacité à travailler collectivement. Toutes les critiques qui ont entamé sa crédibilité, el le les a ag gravées.»
Pas sûr qu’une telle franchise soit de mise dans les échanges d’aujourd’hui. Même si plus personne, parmi des soutiens qui semblent de plus en plus clairsemés, n’ignore que Ségolène Royal est aujourd’hui dans une position délicate. L’intéressée, qui a choisi de ne pas se représenter aux législatives pour respecter sa parole sur le non-cumul des mandats, et ne dispose donc plus de la tribune que constitue une présence à l’Assemblée nationale, le concède : «La suite est très compliquée.»
Raid éclair.  Quelque peu cornérisée depuis le deuxième tour des législatives, entre officialisation de sa rupture avec François Hollande, critique du programme socialiste, notamment sur le Smic et les 35 heures, réitération pas forcément opportune de ses ambitions pour 2012 et absence remarquée au dernier Conseil national, la présidente de la région Poitou-Charentes se trouve aujourd’hui en «KO technique», diagnostique un ex-membre de son staff, pour qui elle a commis plusieurs fautes politiques : «Poser la question en termes de leadership, être déjà dans la bataille sans réflexion sur la défaite, c’était une erreur. De même, construire son courant est aussi une erreur. On ne va pas faire ce qu’on a reproché à Fabius de faire pendant des années.» D’autres, tenants d’une ligne plus offensive et d’un raid éclair sur le parti, se montrent au contraire déçus par ce qu’ils tiennent pour des atermoiements stratégiques. «Je viendrai à cette réunion, mais plus par solidarité amicale que par enthousiasme, explique un parlementaire. Il y avait deux stratégies: si elle voulait faire une OPA sur le parti, il fallait passer à l’attaque dès le conseil national, organiser le harcèlement. Ou alors rester en retrait, mettre en place des réseaux et s’organiser pour le congrès. Et pour l’instant, on ne sait pas où elle se situe.»

Un membre du premier cercle, qui minimise ces hésitations tactiques, admet joliment une «phase de décélération». Mais assure que les amis politiques de Royal n’ont rien perdu de leurs désirs d’avenir. «On discute, on réfléchit. Ça n’a pas été le silence et l’absence de réflexion jusqu’ici. Il faut un petit peu de temps, même si la réflexion stratégique est claire : poursuivre à son terme l’actualisation du logiciel socialiste qu’on a amorcée. Et ça ne fait que commencer.»

Edition du lundi 16 juillet 2007.

10:00 Ecrit par Desirs d'avenir 69 dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène, segolene, royal, Désirs, desirs, desir, avenir

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